Urban Scéno Ouakam/Dakar

Urban Scéno Ouakam/Dakar a été une rencontre entre des artistes visuels, des performers, des écrivains et des chorégraphes/danseurs qui s’est déroulée du 17 décembre 2012 au 12 janvier 2013.

Le projet a été accueilli à Ouakam par l’association de danse contemporaine 1er Temps qui y réside et y travaille, ses danseurs et de jeunes habitants du quartier ont donné accès à ce village traditionnel et ses mutations en cours. La résidence d’un mois s’est terminée par un Festival de 4 jours dans les espaces du quartier

Ce projet a été mené par l’Association 1er Temps (Andréya Ouamba) et ScU2 (François Duconseille & Jean-Christophe Lanquetin), il n’aurait pu être réalisé sans la participation active et généreuse de très nombreuses personnes

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Urban Scéno Ouakam/Dakar was a meeting between visual artists, performers, writers and choreographers/dancers ran from 17 December 2012 to 12 January 2013.

The project was hosted in Ouakam by the contemporary dance compagny 1er Temps who resides and works here, his dancers and young residents  gave access to this traditional village and its current changes. The one month residence ended with a festival of 4 days in the neighborhood areas

This project was conducted by the Association 1er Temps (Andréya Ouamba) and ScU2 (François Duconseille & Jean-Christophe Lanquetin), it could not be achieved without the active and generous participation of so many people

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Urban Scéno Ouakam/Dakar est un projet mené en partenariat avec / The Urban Scénos Ouakam/Dakar is a project in partnership with: Institut Français (Paris, Sénégal, Afrique du Sud, Brazzaville, Douala), Goethe Institute (Johannesburg, Dakar), Pôle Sud, scène conventionnée pour la danse (Strasbourg). Avec le soutien de / with the support of: Spark & Africa Center, fonds agnès.b, Ville de Dakar / City of Dakar, OIF, Région la Réunion, Maillon, théâtre de Strasbourg - Scène européenne, Commune de Ouakam / City of Ouakam, Ville de Strasbourg / City of Strasbourg, mobiCINE (Dakar), CIDOP (Dakar)

PARTS at work #12 - Beginner’s mind - a film from Senegal

During the residency of PARTs at Ecole de Sables in Senegal in January 2013, the students linked to Urban Scéno Ouakam / Dakar. Benjamin Vandewalle organised an improvised performance called ‘Beginner’s mind’ and also shot this documentary.

Hardo Kâ & Gnagna Gueye
Re-Naissance Ouakam
Né du jaillissement du volcan le village de Ouakam renaît de ses cendres. Un monde nouveau, la ville, lieu de compétition, impose par supernature et dicte ses lois. Ouakam village résiste encore… Une nouvelle identité voit le jour…

Papy Ebotani

Soirée Funérailles

“C’est une invitation à la mémoire de … Toujours bien sapés, bien parfumés, bien débarqués et bien habillés. C’est une façon pour nous de résister face à la douleur du deuil…”

Boyzie Cekwana
Missing of the women / horizontality place

with Fatou Samb and the dance group SAFF NEUP

This is an ode to the perceived and exotic gaze into an ancient landscape of disappearing spaces/traditions/genders waging war against a relentless, unforgiving and masculine modernism. This lyric is to the resilience of women who remain vertical in a crushing and disempowering universe. Yet, a misunderstood world nonetheless. This poem is an attempt to dispel the “curiosity” myth as an excuse for the arrogant and privileged position of colonial art pretending to care. A luta continua!

Fatou Cissé

Tanebër

Danseuse contemporaine, propose un “tanebër” différent, déplacé de son contexte mais qui reste proche de son environnement. Des calèches, une déambulation pour épurer l’emballage du “tanebër” qui est une manifestation de femmes appelée plus couramment “sabar”.
avec les danseuses de la compagnie 1er temps et le groupe de percussion Ngeuweul Rythme

Fatou Cissé

Tanebër

version statique / static version
5 danseuses dans des boutiques vides / 5 dancers in empty shops

Jonathan Debrouwer & Fatou Cisse

Ouakam les gens qui refusent

(titre provisoire )

Installation / Film 58 minutes

Un projet de Jonathan Debrouwer, vidéaste et Fatou Cisse, chorégraphe.
Les interprètes  : Bertrand Saki Tchebe, Bamba Diangne, Fatou Samb, Ibou Gueye, Nabou Yaye Fall, Arama Seybiya Gomis, Badou Dabo, Abdoulaye Kane, Fatou Cisse.

Une série de performances dansées, dans quatre lieux du quartier de Ouakam retranscrites sous forme d’une installation vidéo à double point de vue et d’un film.

Le village de Ouakam vit un temps de totale mutation. Un village traditionnel de pêcheurs Lébous avec ses passages labyrinthiques, mélange de cabanons en bois, d’habitations en béton, de baobabs, est englobé par de nouveaux quartiers en construction et des habitations précaires avec leurs architectures en matériaux de récupération métallique. Au loin sur la colline, se dresse, monumentale, la statue de la Renaissance africaine, comme un repère spatio-temporel, avec à ses pieds, jusque aux limites du vieux village, comme la propagation d’une mauvaise algue dans la mer, une multitude de bâtiments “bourgeois” en construction, sans que l’on sache si ce nouveau quartier a toujours été là, s’est fait bombarder ou est en reconstruction.

Nous nous sommes servi de ces différents lieux comme de décors pour des performances inscrites dans le quotidien afin de montrer la singularité de ce moment charnière du devenir incertain de Ouakam.

Pour des feux de grâce et de joie

Espace commun / Common space #5

Lionel Manga

Parti d’Afrique sans boussole il y a quelque soixante dix mille ans, équipé d’outils rudimentaires, maîtrisant le feu et doté des prémisses de la parole articulée, le bipède à cerveau volumineux occupe désormais toutes les terres émergées et les a mises en relation de plus en plus  étroite et contigüe depuis quelques saisons. En ce 21ème siècle désormais bien engagé somme toute, la Terre flotte dans la Voie Lactée sous la houlette affirmée de la déraison capitaliste en quasiment tout point connu de sa surface. Du nord au sud et de l’est à l‘ouest de la planète sévit la même tyrannie odieuse : le pouvoir d’achat. Il fait office de socle sur lequel chacun d’entre nous today se tient en protagoniste autonome dans l’espace des transactions marchandes et du théâtre journalier des apparences. Avec une carte en plastique ou plusieurs serrées dans son portefeuille aux latitudes du crédit pour tous, sinon des coupures en monnaie de papier sous les cieux où la vie est davantage à vue, se déroule en espèces sonnantes et trébuchantes, donnant-donnant. La banalisation de cette notion, véritable centre névralgique de la rhétorique revendicative des syndicats de salariés du monde entier et lieu commun du bla-bla-bla journalistique, a peu à peu fini par occulter sa puissance universelle d’aliénation et le fait absolument sans précédent que le pouvoir d’achat instaure dorénavant dans la communauté humaine et ce à toutes les échelles d’observation, de local à global, une scabreuse et dure ligne de démarcation. D’une aube à l’autre, sous toutes les latitudes, elle scande le refrain de la raison mercantile et la vie quotidienne ploie sous le joug de la Rareté, la commodité étant en ces jours de globalisation l’apanage d’une clique mondiale de happy few, Nordistes autant que Sudistes, blottis parfois dans des enclaves hautement protégées et bardés d’une carapace de suffisance, tandis que des myriades de Terriennes et de Terriens croupissent sans aucune espérance qui vaille dans le purin immonde, abject, d’une démunition accablante, forcément dépersonnalisante quand elle est aussi chronique. Cette iniquité atteint une dimension dorénavant tellurique et elle tourne à l’inanité cosmique, au déferlement d’entropie tous azimuts. Qu’est-ce que le bipède à cerveau volumineux a vocation à manifester exactement dans un champ circonscrit et assigné de la sorte, sous le sceau de l’Art? Cette interrogation épineuse se dresse sur l’horizon de la sémillante réfutation postcoloniale, telle une chaîne himalayenne.

Le paysage intellectuel et artistique mondial tient de plus en plus du terrain vague jonché de débris d’hégémonies irréversiblement brisées, que des collectionneurs de vestiges prélèvent ici et là comme matériau de base afin de fourbir des propositions relevant d’une saison épistémologique surannée. Une myriade de haut-parleurs perchés sur le piédestal de leur spécialité, talking heads estampillées, tiennent la scène du verbe stratosphérique, adulés, révérés et grassement rémunérés, chacun y allant de son quatrain théorique, repris par leurs alter ego et propagé par des ouailles révérencieuses lui assurant donc visibilité autant qu’audience et assise sociale, une rente médiatique consistante. Tel réinvente le fil à couper le beurre ici, tel coupe les cheveux en quatre là, çà glose à l’infini dans le système extensif de la philosophie et ses divers tributaires conceptuels, les revues affinitaires pullulent dans les rayons au supermarché du sens et de la critique éclairée, leurs joutes animent la so called démocratie et son espace prétendument public qu’elles fondent en substance. Est-ce possible d’imaginer Guy Debord vivant encore à notre époque, dans le décor en 3D de sa prophétie ? Elle lui serait douloureusement insupportable et il a choisi de s’éviter cette torture en se supprimant. Rien à en attendre d’autre que ce manège auto-entretenu et ses projections holographiques superposant le virtuel au réel, soumettant l’un à l’autre. Ce mouvement brownien est à lui-même sa propre fin, confiné dans une hystérésis à large spectre, et battant pavillon de frilosité. Le tiers-exclu et la logique aristotélicienne de non-contradiction continue d’informer les raisonnements à l’insu souvent de leurs auteurs. Comme si le domaine cognitif n’était pas en proie à des réaménagements profonds depuis la crise des fondements qui inaugura le siècle dernier et fut la rampe ad hoc de lancement du geste duchampien, à la croisée des mathématiques et de la physique : bonjour la relativité ! Que le citoyen de Sa Majesté John Maynard Keynes ait assidument transporté la correspondance entre Bertrand Russel emprisonné et un certain Ludwig Wittgenstein, est fatalement lourd d’implications théoriques pour la théorisation économique. Jusqu’où la conception hobbesienne et hégélienne de l’Etat va-t-elle résister au paradigme de l’auto-organisation venu de la biologie et qui suggère sa liquidation envisagée naguère par Lénine comme l’achèvement même de la révolution qui se disait bolchevik en Octobre 1917 ? On sait que l’idéologie soviétique collectiviste fut tout à fait le contraire de cette perspective historique et les chantres du capitalisme ont donc beau jeu de dire que le communisme est mort, quand jamais même il n’a existé un seul jour sous le mode du commun faisant norme de société, du moins dans les temps modernes.

Naître est un non-évènement, assurent à l’unisson diverses sagesses d’Afrique transcrites. Encore faut-il savoir pour quoi on vient/est au monde. Les parcours initiatiques visaient cette élucidation naguère, que l’école selon Jules Ferry d’aujourd’hui a évincée sans autre forme de procès, au profit de la compétition interindividuelle et de la performance académique qui ouvre supposément des voies royales aux ambitieux de tout poil social. Exister, dans cette optique disqualifiée, consiste à savoir tirer le meilleur parti des circonstances dans leur permanente labilité afin de s’accomplir, moyennant toutefois mise à l’épreuve comme condition nécessaire pour produire une expression non triviale, improbable. Or, la sophistiquée théorie de l’information fait de l’improbabilité d’une énonciation LE critère de sa puissance sémantique, parce qu’elle se détache/démarque précisément du bruit de fond ambiant suscité par l’intégrale des banalités proférées dans le monde sur tous les tons, parce qu’elle jurera en l’occurrence. Tirer parti des circonstances n’est point une sinécure, cela dit, et l’exercice s’accompagne inévitablement de sacrifice, la modalité par excellence pour maintenir le réel ouvert et le principe créateur y trouve sa source vive, dans l’incomplétude fondamentale assumée par un Je se posant néanmoins en sujet souverain. Paradoxe intenable ? Pas vraiment si l’on veut bien faire droit à la logique antagoniste de Stéphane Lupasco qui stipule que A peut très bien être non-A, et la Terre continuer de tourner rondement autour du Soleil.

La postérité nietzschéenne se la coule douce en ses chapelles ardentes, tandis que Spinoza retrouve une jeunesse dans le dernier opus de Toni Negri et Michael Hardt.  Le sarcasme à barbillons et la dérision barbelée font recette au coeur poussif de l’Empire. Les bardes haut en couleurs acides du nihilisme fredonnent des mélodies aigres-douces qui courent en stand up sur les géodésiques métropolitaines du désenchantement à guichets femés. Voire du désarroi carrément. Le Grand Désarroi de Whiteland. Précarités en crue vertigineuse aux latitudes longtemps réputées opulentes, qui faisaient envie. Le Marché ne laisse guère de répit aux hommes et aux femmes de chair et d’os, Moloch aussi avide qu’insatiable : il lui en faut toujours plus, de plus en plus. Seul destin concevable sur Terre : consommateur et consommatrice ? Humour, ironie, décadence et noirceur font plus que bon ménage dans le canton de l’art contemporain célébré en maints lieux du monde dévolus aux liturgies du narcissisme sans modération. Zébu ou panthère, que suis-je, qu’es-tu ? Une tuyauterie défaillante requiert parfois le savoir-faire d’un plombier, les mauvaises herbes un jardinier, et les médecins écoutent nos cœurs au stéthoscope, tandis que les mécaniciens curent les moteurs. Ce sont là autant de fournisseurs de services qui font l’objet  d’une demande sociale. Quid alors de l’Art et de ses premiers adeptes, les artistes ? Producteurs de subjectivités alternatives ils se réclament, au large de l’utilité immédiate, batifolant entre désinvolture et espièglerie. Les Aztèques les réputent doués du langage des fleurs et des oiseaux : c’est-à-dire, dans leur perspective, de poésie. Le seul langage qui ait le don de nous arracher à la gravité.

En ces temps de dérèglement climatique observé et documenté sous tous les cieux, les jours du réductionnisme sont comptés et l’esprit de clocher ne peut que perdre pied dans l’élargissement du monde/l’imbrication du local et du global. Extensive au long cours depuis le déicide fiat que furent les Lumières, la raison analytique se renverse de nos jours en compréhension, alors même que les substituts de Dieu montrent les limites de leur aptitude à combler la vacance/béance du site de la transcendance. Il est l’heure d’allumer des feux de grâce et de joie dans ce monde du Lucre frappé d’ignominie, de brandir haut la flamme bleue de l’in-quiétude, parce que l’existence ne se mène décidément pas à tête reposée : il y a toute la mort pour cela. Fi de la collusion d’une poignée de favoris ayant la cote avec les puissances de l’argent, les artistes ont vocation à être des anomalies à large spectre et à combustion complète. Ils ont pour mission d’ébranler et d’éclairer, partant, les dispositifs de l’aveuglement dans lequel les privilégiés et leurs franchisés s’assoupissent en toute arrogance néolibérale, au mépris des milliards de Terriennes et de Terriens englués dans le pétrin, qui «trinquent» du matin au soir, ne sachant jamais de quoi demain sera fait pour eux, en rouages de la machinerie du  Profit.

Naadira Patel

Magic Land

Naadira Patel

Magic Land

Ingrid Mwangi Robert Hutter

Single entities

(excerpts)

Jean-Christophe Lanquetin

A propos d’espace commun

(série 2)

Jean-Christophe Lanquetin

A propos d’espace commun

(série 1)